Ferrari : Une grande marque italienne...
Moribond il y a quinze ans, le sexagénaire Ferrari est aujourd'hui l'un des symboles mondiaux de la performance et du luxe. Histoire d'une reconquête.
LE MYTHE Ferrari commence par un mystère. Comment une firme employant 2 870 personnes arrive-t-elle à damer le pion aux ténors mondiaux de l'automobile tant sur les circuits de Formule 1 que sur la route ? Double performance qui prend encore plus de valeur lorsque l'on sait que Ferrari assure de surcroît la fabrication des moteurs de la cousine Maserati (7 500 pièces par an), ainsi que la peinture de ses carrosseries.
Pour mieux comprendre, parcourons le siège social de la firme.
Au rez-de-chaussée, le petit bureau du commandatore a été conservé tel quel et semble avoir été quitté hier. À l'étage, une modeste chambre, interdite à l'oeil du photographe, fut naguère celle de Michael Schumacher. Une étrange machine de torture, fruit de l'union d'un cockpit de F1 et d'un banc de musculation, la côtoie. Le champion allemand s'en servait pour éprouver les muscles de ses bras et de son cou. Le respect de l'autorité, le goût de l'efficacité : voila déjà un aperçu de l'esprit Ferrari.
Tout se passe sur la piste...
Le deuxième cercle est le circuit de Fiorano lui-même. À son abord se trouve l'usine où naissent les Formule 1. Car pour Ferrari, tout part de la compétition, à commencer par l'avance technologique.
Le troisième et dernier cercle a pour double épicentre les deux bureaux de Jean Todt. L'un est dédié aux véhicules grand public, l'autre à la Formule 1. Artisan du retour de Ferrari sur les podiums, ce meneur d'hommes et organisateur hors pair est aussi réputé pour son excellente mémoire, lui servant parfois, dit-on, à nourrir de fortes rancunes.
Une philosophie différente...
La Scuderia exige de chacun des employés la connaissance de ses limites. Tout nouvel embauché l'apprend en effectuant, avant de prendre ses fonctions, une sorte de parcours initiatique de deux semaines au sein de l'entreprise. Il s'imprégnera alors de cette énergie subtile avec laquelle Ferrari a forgé sa tradition.
Pour l'avoir un moment oublié, la firme s'est mise en danger. En 1993, après cinq années sous Fiat, devenue majoritaire au capital après le décès d'Enzo Ferrari, Maranello n'a vendu que 2 289 voitures contre encore 4 595 deux ans auparavant. Luca Cordero di Montezemolo est appelé à la rescousse par Giovanni Agnelli. Près de vingt ans auparavant, il fut l'assistant du commandatore. Donc, il connaît bien Ferrari.
À son arrivée, les bolides de Ferrari ne sont que des moteurs sur roues. Le confort est un élément secondaire, la finition aussi. Rouler en Ferrari exige des reins solides. Sans ôter à ses fauves leur sauvagerie, Luca di Montezemolo, nommé à la tête du groupe Fiat en 2004, en fera des créatures plus courtoises et mieux dotées. Et en contenant leur production à moins de 6 000 exemplaires par an, il les rendra encore plus désirables. Les délais de livraison sont actuellement de deux ans.
Longtemps ignorés, les 38 000 propriétaires d'une ancienne Ferrari sont depuis peu incités à envoyer leur bijou se faire entretenir à Maranello. Façon aussi de traquer les épaves « de luxe » et les voitures mal réparées, voire contrefaites. La marque cède également ses anciennes Formule 1 (onze chaque année) et offre d'en faire l'entretien par la suite.
Les droits dérivés sont devenus une autre source importante de profit pour Ferrari, de même que la personnalisation.
Prochain rendez-vous avec Ferrari; au début de sptembre pour notre couverture médiatique Ferrari du Salon de l'Auto de Francfort.


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